Les Auvens de Noué 2025

Lundi 1er décembre

Le Voyage à Bethléem

Trad. Nivernais collecte Achille MILLIEN – arrangement Dominique FORGES

dans l’album Sourires de l’Ensemble de Musiques traditionnelles de Nevers

 

Quand q'vint la saison d'la misée,

d’Achille MILLIEN – Anthologie

1924 – Parler de la vallée de la Nièvre

Quand q’vint la saison d’la misée,

Vont s’apentant tous les pours gueux.

La freid, la faim timbont su eux

Tout coum’ le rod qu’chorche à mal fée

Aindez, aindez les malhureux

Qué sont infirmes, qué sont vieux !

 

Coument donc fée ? C’est la famine.

La truffe en la terre a pourri ;

Et l’blé qu’est aux trois quarts eutri

N’peut douner que d’la ch’tit’ farine…

Des poum’, des poués n’y en a point.

I rest’ donc pus qu’à s’manger l’poing.

 

Cheuz nous la misée est préfonde ;

De d’puis l’époque des Avents,

Le pée, la mée et lé enfants,

A bin faillu jeûner, tout l’monde.

Si la freidur’ tarde à prend’ fin,

Y en a pus d’quat’ qué mourront d’faim.

 

Dans l’gour le pus creux d’la riviée,

Quand qu’on est pauv’, quand qu’on est vieux,

Pour n’en fini, vaurait bin mieux,

Oui, se j’ter, la têt’ la promiée.

On s’rait pour toujous à couvert

Conter’ la mauvais’té d’l’hiver !

Quand vient la saison de la misère,

S’en vont tous les pauvres gueux

Le froid, la faim tombent sur eux

Comme l’épervier (la buse)  cherche à mal faire

Aide, aidez les malheureux

Qui sont infirmes et qui sont vieux !

 

Comment donc faire ? C’est la famine.

La pomme de terre en la terre a pourri ;

Et l’blé qu’est aux trois quarts moisis

Ne peut donner que d’la mauvaise farine…

Des pommes, des poires il n’y en a pas.

Il ne reste plus qu’à se manger le poing.

 

Chez nous la misère est profonde ;

Depuis l’époque des Avents,

Le père, la mère et les enfants,

Tout le monde a dû jeûner.

Si la froidure tarde à prend’ fin,

Il y en aura plus de quatre qui mourront d’faim.

 

Dans l’gouffre le plus creux de la rivière,

Quand on est pauvre, quand qu’on est vieux,

Pour en finir, il vaudrait bien mieux,

Oui, se jeter, la tête la première.

On serait pour toujours à couvert

Contre la méchanceté de l’hiver !

Et si on prenait contact ?

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