Les Auvens de Noué 2025

Dimanche 7 décembre

La Bresse

Les vieilles Chansons Bressanes interprétées par les membres des Clubs du 3e Age du District de Monrevel

dans l’album L’Air du temps avec la participation du groupe Hot-Choz

 

Encô un jeu d’l’an su les z’épaules

de Denise BALAND (1923-2020) née à Serley.

Institutrice à Huilly sur Seille, patoisante bressane notoire et correspondante de l’Indépendant du Louhannais.

La Marie miot juste de sarpillit les carrans*. Le poêle, apeus le conot passés au Zebra, brillint .

Les fonnes avint à coeur d’avouère un huteau prop’ c’ment un sou neu, l’jeu du jeu de l’an.

An bise la patronne en lui souhaitant bien éne bonne an-née….

Su l’ poêle, dans la marmite exceprès, l’aigue beuillot.

Aveu éne pchote cass’rôle, la Marie en preugnot, peus la véchot dans la caf’tchère émaillée.

La bonne audeur du café rempiot l’huteau.

Ile rajoutot à ç’là des gaufres qu’ile avot fait le matin.

Ile en appotche éne grande pile, la pose au mouétan de la taule .

An la félicite : 

«  iles sant bien balles vos gaufres »

Y ‘étot cinq coeurs qui formint un rand.

J’éros ain-mé qu’an ave le min-me gaufrer ; le nôtre y’étot deux rectangles.

– « iles sant p’tètre pieus brâves que bonnes » répandot la Marie, ruge de pieugi.

L’ Jean Yaude abrégeot les campliments

« S’tez vos dan, vos trouv’rez p’tètre bin chéqu’un éne salle »

An s’installot auteu d’ la taule.

Aveu y’eut’ fils, le pchot Jean, j’ discutins des cadeaux.

Chez  illeux, yétot pas le père Noêl qui passot, mais le père Janvier, dans la né du 31 décembre au 1e Janvier.

Y’ étot c’ment çan dans certain-nes familles, c’qui béillot de grandes discussians entremés les partisans des deux camps.

Y ‘en avot gros de pieus pou l’père Noël que pou l’ père Janvier.

Les gosses bien gâtés «  peurris » r’cevint des cadeaux des deux coûtés, El étint pas nanbreux. L’ Jean avot évut un ch’veau à bascule : in cadeau esstra-ordinaire.

Le café finissot de s’égoutter, él étot beuillant.

« Mettez les pchotes cuillies dans les verres, pou qu’él l’éclatint pas »

Yétot pas la mode de se servi de tasses. Potchant toutes les fonnes, pou yeut’ mariage, avint évu en cadeau, in service à café : chez nos, é l’ornot enne planchette au-d’ssus de la pautche…

An preugnot deux bouts de sucre. Moué, j’les trempos d’in bout dans mon verre, j’ r’gaidjos manter l’ café.

Les hommes causint des ouvrages de saijan (les fagots, les tarreaux). Les fonnes de illeut vouleille, des poules qui fient pieus guère d’ûs.

Peu, ben bintôt, en en arrivot à la guerre de 14-18.

Le Jean-Yaude, un ancien cambattant , qu’avot fait toute c’te guerre, racantot le brut du canan, les obus qu’éclatint, des blessés qui ralint.

Les fonnes seutchint yeut’ mouchoirs. « Priins l’ ban djeu, pou pas qu’an y r’viet çan »

» C’te Marie ! Vouéyans ! An sait ben, qu’érot pieu jamais la guerre, y’étot impossib’ille ! »

Ile nous agaçot en nous ramounant tout le temps çan.

Malheureusemnt, moins de dix ans après, y’étot soué qu’avot raijan.

Le café, sucré, rauji, bu, Jean-Yaude, véchot de la gnaule és hommes. La Marie, san bocau de griottes à  ill’eau de vie cantre soué, aveu un pchot pochan, en servot és fonne

« Souhétins-nos quand min-me enne bonne an-née »

Les verres se levint, se toquin …..Peu, j’allins dans les quatre autres maillans.

An migeot des bugnots, an camparot…..Jusqu’à la né.

Peu vite, an rantrot pou tiri les véches, les pansi.

Le lend’main, la classe r’crampot, y’étot moins rigolo…………

* les carrans, sont des pavés en argile, juste posées sur la terre battues et qui recouvraient le sol des maisons bressanes

La Marie venait juste de laver le sol, Le poêle et les tuyaux, passés au Zebra, brillaient.

Les femmes avaient à coeur d’avoir une cuisine propre, comme un sou neuf, pour le jour du jour de l’an.

On embrassait la patronne en lui souhaitant une bien bonne année.

Sur le poêle, dans la marmite exprès, l’eau bouillait.

Avec une petite casserole, la Marie, en prenait un peu, puis en versait dans la cafetière émaillée.

La bonne odeur de café remplissait la cuisine.

Elle ajoutait à çà des gaufres, qu’elle avait fait le matin.

Elle en apportait une grande pile, la pose au milieu de la table.

On la félicite :

«  Elles sont bien belles vos gaufres »

C’était cinq coeurs qui formaient un rond.

J’aurai aimé que l’on ai le même gaufrier ; le nôtre c’était deux rectangles

« elles sont peut-être plus belles que bonnes » répondait la Marie, rouge de plaisir.

Le Jean-Claude abrégeait les compliments.

«  Asseyez-vous, vous trouverez, sans doute, chacun une chaise »

On s’installait autour de la table.

Avec leur fils, le petit Jean, on discutait des cadeaux.

Chez eux, ce n’était pas le père Noël qui passait mais, le père Janvier, dans la nuit du 31 décembre au 1er Janvier.

C’était comme çà dans certaines familles, ce qui donnait de grandes discussions entre les participants des deux camps.

Il y en avait plus pour le père Noël que pour le père Janvier.

Les gosses bien gâtés « pourris » recevaient des cadeaux des deux côtés, ils n’étaient pas nombreux. Le Jean avait eu un cheval à bascule ;  un cadeau extraordinaire.

Le café finissait de s’égoutter, il était bouillant.

«Mettez les petites cuillères dans les verres, pour qu’ils n’éclatent pas»

Ce n’était pas la mode de se servir de tasses, pourtant les femmes, pour leur mariage, avaient eu en cadeau, un service à café : chez nous, il ornait une planchette, au-dessus de la porte.

On prenait deuix morceaux de sucre. Moi, je les trempais d’un bout dans mon verre, je regardais monter le café.

Les hommes parlaient des ouvrages de saison (les fagots, les fossés). Les femmes de leurs volailles, des poules qui ne faisaient plus guère d’oeufs

Et puis, bien vite, on en arrivait à la guerre 14-18 .

Jean-Claude, un ancien combattant, qui avait fait toute la guerre, racontait le bruit du canon, des obus qui éclataient, des blessés qui ralaient.

Les femmes sortaient leur mouchoirs « prions le Bon Dieu, pour que cela ne le revoit pas »

« cette Marie, voyons, on le sait bien qu’il n’y aura plus jamais de guerre, c’est impossible »

Elle nous agaçait en en parlant sans arrêt.

Malheureusement, moins de dix ans plus trd, c’était elle qui avait raison.

Le café, sucré, remué, bu, Jean-Claude versait de l’eau de vie aux hommes. La Marie, un bocal de griottes à l’eau de vie, serré contrer elle, avec une petite louche, en servait aux femmes.

«  souhaitons nous, quand même une bonne année »

Les verres se levaient, se choquaient. Et puis, nous allions dans quatre autres maisons.

On mangeait des beignets, on comparait…….jusqu’à la nuit.

Puis, vite, on rentrait pour traire les vaches, les nourrir.

Le lendemain, l’école recommençait, c’était moins drôle…………

Et si on prenait contact ?

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